Trop d'affaires pour un commissaire

16 septembre 2026

En 2023, la Tribune de Genève publiait un article intitulé "La gestion hasardeuse des armes de la police genevoise". Il y était question d'un ancien commissaire de la police genevoise, qui avait écopé d'une ordonnance pénale de la part du Ministère public genevois pour avoir conservé son arme personnelle à son domicile dans des conditions inappropriées. Mais les ennuis de ce policier n'étaient pas terminés. Une récente décision de la Chambre administrative de la Cour de justice Cour de droit public de Genève indique que depuis 2022, l'homme a fait l’objet de quatre procédures pénales et d’une procédure IGS.

Il lui est reproché, outre des violations de la loi sur les armes, d'avoir tenté de justifier une course-poursuite qui n'avait pas lieu d'être. En outre, dans sa vie privée, alors en conflit avec son voisin, il avait fait vrombir le moteur de son véhicule lors d'une fête à son domicile, accompagné d'autres convives, un dimanche aux alentours de 20 heures. Sa hiérarchie avait estimé qu'il s'agissait "d’un comportement provocateur [qui] affecte l’image de la police".

"Le cumul, les deux dernières années, des affaires, pénales ou non, le concernant suscitait une réelle inquiétude". Car dans la police, "la rigueur et l’exemplarité devaient aller bien au-delà du simple respect du droit pénal", a expliqué son employeur, qui a initié une procédure de reclassement à son égard.

Le cadre s'est opposé à cette mesure, estimant qu'il s'agissait d'une sanction déguisée. Il a mis en avant une carrière d'une trentaine d'années ponctuée de "plus de 52 lettres de félicitations signées de sa hiérarchie". Il regrettait également d'avoir été privé de la possibilité "de dispenser [une] formation aux sous-officiers pour le compte de l’institut suisse de police ni aux écoles de police pour lesquelles il enseignait au préalable la procédure pénale". Sa voix "off" avait également été effacée sur le film promotionnel 2025/2026 de la police cantonale genevoise.

Son nom avait été supprimé "dans la communication de remerciements à l’attention de l’ensemble du personnel engagé – pour diffusion dans le système général intranet police – à la suite du procès médiatique des Hells Angels & Bandidos, après avoir reçu les remerciements du président du Tribunal criminel et du premier procureur". Enfin, il n'avait pas reçu l'aval de sa hiérarchie pour participer à une séance photo en compagnie de l’acteur principal de la série RTS "Uniformes".

La Cour a validé l'ensemble des mesures prises à son égard, estimant qu'il avait fait preuve d'une "grave absence de prise de conscience des conséquences sur l’image de la police qu’ont eu ses différents comportements".